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En janvier, le Jacques Franck accueillait LA
VALSE DES METEORES de René Bizac
: ambiance masculine sur le plateau, duo d'hommes,
problèmes d'hommes ?
Aujourd'hui, des femmes racontent l'histoire
d'une autre, "ZEPHIRA"
: une histoire de chagrin, de rupture, d'abandon,
de désespoir, de meurtre, d'amour
Ambiance "féminine", trois comédiennes,
une metteuse en scène, une chorégraphe,
les costumières
Des hommes sont là
aussi, certes, mais comme "autour",
sur la frange, sur le "dehors", scénographe,
éclairagiste, régisseurs...
Vous ne verrez pas Zéphira, la femme abandonnée,
la femme larguée, cette sur de Médée
qui pend ses enfants quand son homme la quitte
en voulant les emmener.

Vous ne verrez pas non plus les terrifiantes Erinyes,
celles là qui poursuivent l'infanticide
de leur hargne vengeresse. Vous verrez trois femmes,
d'autres femmes, qui viennent raconter, danser,
l'histoire de Zéphira, celle qui tue ses
enfants "par amour" : "Je
suis votre mère mes amours. Je vous ai
épargné le pire."
Aujourd'hui, "elles" cherchent, "elles"
répètent. Comment dire sans déflorer
cette quête délicate de la création
Plateau quasi nu, objets qui disent la vie, questions.
Comment dire la violence, comment traduire cette
violence sur scène sans la "montrer".
Il n'y aura pas d'enfants dans le spectacle. Pas
d'infanticide "visible". Mais trois
femmes sensibles qui disent, évoquent,
comme en prenant le temps de trouver les mots,
avec légèreté, mouvements
dansés, voix qui se feutre. Et si la violence
sourd, c'est dans l'accessoire jeté, la
course haletante...;
Première le mardi 20 mars.
A voir, à découvrir pendant quinze
jours, dix représentations.
Catherine Simon
[email protected]
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