Astrid Lelarge, commissaire
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- Bruxelles au XXe si�cle
Perspective historique
L'histoire de l'urbanisme bruxellois au XXe si�cle est
intimement li�e aux modifications administratives et politiques
qui aboutissent � la cr�ation de la R�gion de Bruxelles-Capitale.
Le d�veloppement d'organes sp�cialis�s et d'une l�gislation
urbanistique caract�rise le si�cle et amorce la planification
de la r�gion, tandis que le territoire urbain ne cesse
de s'�tendre. La petite ceinture g�re les �changes entre
la ville intra muros, qu'elle enferme, et l'agglom�ration.
La ceinture et le pentagone sont modifi�s dans leurs affectations.
l'exode des industries � l'ouest, le d�part des habitants
vers l'agglom�ration, la sp�culation li�e, � l'est principalement,
� l'augmentation du secteur tertiaire, changent les fonctions
du pentagone et de ses abords. Ces grandes tendances sont
assorties de l�gislations sur l'expropriation, la copropri�t�,
la conservation, qui permettent la concr�tisation architecturale
des changements d'affectations. La mutation du pentagone
en un �lot � sacr� � les exalte. � ce jour, la ceinture
qui le s�pare de la ville �mergente est bord�e par des
populations diff�rentes le long de l'axe industriel de
l'ouest o� les logements m�l�s � des entreprises commerciales
s'�chelonnent, reflets de la persistance d'une population
citadine et lieux des activit�s populaires tels les march�s
ou la foire. Quant aux quartiers du pouvoir et des affaires
� l'est, d�peupl�s, la fonction de � promenade des Boulevards
� y perdure sous une forme contemporaine concentr�e sur
les loisirs culturels ou de consommation.
Les transformations de la petite ceinture sont fortement
li�es � la gestion des communications, typique du XXe
si�cle et de l'expansion urbaine, exigeant le d�veloppement
du transport en commun et individuel. L'adoption d'un
plan de circulation, facilitant l'acc�s � l'exposition
universelle de 1958, d�bute la mutation des boulevards
en autoroutes urbaines, assorties du m�tro. La jonction
ferroviaire nord-midi et les voies arrivant du nord et
de l'est d�marquent, la ville haute et la ville basse.
Aux portes de l'agglom�ration au nord et � l'est du pentagone,
les nouds de circulations � niveaux int�grent les tunnels
de voiture et du m�tro, ainsi que des pi�tonniers de traverse
souterrains.
Quant � l'ouest, le d�veloppement, � des fins commerciales,
du port et du canal de Charleroi �largi dans les ann�es
trente, est l'objet des pr�occupations en mati�re de communication.
Depuis le milieu du XIXe, les gares nord et sud, �rig�es
en portes de ville, sont reli�es par une jonction ferroviaire
pour marchandises, longeant le canal. Les boulevards de
l'ouest restent pratiquement intouch�s apr�s la suppression
de celle-ci, d�volus � la voiture dont le parcours est
encore aujourd'hui coup� par celui des tramways.
Le boulevard, b�ti sur l'enceinte quand elle fut d�saffect�e,
voit au XXe si�cle s'accentuer jusqu'� la saturation,
sa fonction de lien entre la ville ancienne et l'agglom�ration,
cr�ant paradoxalement une rupture entre ces deux p�les,
une ceinture.
Les modifications qu'am�ne le si�cle se marquent dans
l'am�nagement urbanistique et architectural de la ceinture
et de ses abords. Divers projets � tendance fonctionnaliste
sont r�alis�s tels la Cit� Administrative et le Quartier
Nord notamment. Les constructions sur le parcours de la
ceinture, engendrent de nombreuses d�molitions et la densification
du b�ti en hauteur mais �galement derri�re les fa�ades
anciennes. Les nouveaux id�aux urbanistiques se concr�tisent
par le biais d'investisseurs priv�s en partenariat avec
la ville ou les communes, souvent propri�taires du sol.
� Habiter, se r�cr�er, circuler � c'est la ville de l'an
2000 qui occupe les projets des ann�es 60. Les projets
d'�rection de socles et de tours, changent l'�chelle de
la ville, ajoutant une strate pi�tonne qui enjambe les
voiries. Le b�ti � l'est du pentagone, accentue la s�paration
physique que la ceinture induit entre le centre ancien
et la p�riph�rie. Par le biais d'une architecture se voulant
prestigieuse, les soci�t�s si�gent, monotones, implant�es
tel un rempart sans raccord � l'espace public. La qualit�
architecturale est souvent d�laiss�e, sous couvert d'un
style international pauvre apr�s guerre ou d'un � fa�adisme
� enjoliv� de collages n�oclassiques, � la fin du XXe
si�cle.
Les promoteurs urbanisent, m�c�nes contemporains, guid�s
par la sp�culation et posent une empreinte sur la ville
teint�e d'expropriations et de
d�molitions, sans consultation des habitants. Ces agissements
provoquent l'�mergence de comit�s de quartier et de d�fenseurs
de la ville, dont les actions sont le ferment des proc�dures
de concertations. Les projets sont discut�s, sujets �
des contre propositions souvent nostalgiques de la ville
classique. La � bruxellisation � devient un n�ologisme
tristement c�l�bre qui paralyse tout projet structurant
pour Bruxelles. Le PRASS actuel, descendant du plan de
secteur critiqu� et d�battu depuis 30 ans, t�che d'appliquer
un projet global de ville � Bruxelles. Mais du quartier
nord enfin en voie d'ach�vement aux am�nagements de la
gare TGV � porte du midi �, une portion de la ceinture
est toujours marginalis�e par rapport � l'est. La portion
ouest de la ceinture, laiss�e � elle-m�me ou �corch�e
par le m�tro, est aujourd'hui le lieu de nombreuses possibilit�s
de r�habilitations et d'une architecture au souffle nouveau.
On peut constater la conservation ou la d�molition de
vestiges des remparts et des boulevards. L'empreinte de
la deuxi�me enceinte enfermant la ville perdure, sous
les boulevards et la ceinture pentagonale. Le cours de
certaines rues marque encore l'angle d'un bastion ou l'ondulation
de la Senne.
Des Boulevards du XIXe si�cle, certaines places et pavillons
d'octroi subsistent, ainsi que la division arbor�e des
circulations tram, voiture, pi�ton; � l'ouest du pentagone.
Les oeuvres d'art dispos�es au pied du si�ge de grandes
entreprises, sont la continuit� des fontaines et statues
qualifiant les perspectives de l'urbanisation de ce si�cle.
La Porte de Hal, bien que transform�e � plusieurs reprises,
reste l'�l�ment b�ti le plus authentique. Le percement
tardif des tunnels � cet endroit r�v�le une portion de
la seconde enceinte bastionn�e, figur�e dans une station
du m�tro.
La symbolique de la porte de ville perdure dans les projets
contemporains sur la petite ceinture, de mani�re formelle
par la sym�trie du b�ti ou dans une architecture-signal.
Les portes de la ville ont recul� aux confins de la R�gion,
au droit de nouveaux nouds de circulation.
Des affectations issues des fortifications enfin, on peut
consid�rer comme un vestige de la p�destre � promenade
des remparts � (devenue � promenade du Boulevard � au
XIXe) le parcours contemporain � grande vitesse sur l'est
du pentagone. Cette r�manence s'accompagne du prestige
associ� encore aux boulevards de la petite ceinture. De
nombreuses institutions s'y implantent au court du si�cle,
dans des architectures � enseignes �, offrant souvent
un imprenable panorama sur la ville, aper�ue du sommet
des tours contemporaines.
Astrid Lelarge, commissaire |
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