La bande son aussi est l� : bruits de vent,
sons lointains, petites notes �gren�es�
S�par�s par les machines � laver, les
personnages s�affrontent, par miroir interpos� :
qui parle � qui ? qui agresse qui ? et de qui
ont-ils peur ?
Et voil� que l��motion affleure : moment
magique, dans le d�cor pos� comme un objet incongru au
centre du plateau, dans cet embryon d��clairage en
train de se cr�er, �mergeant de semaines de qu�te, d�un
remplacement de com�dien, sans que les costumes et les
maquillages soient l� pour rassurer, dans l�abrupt de
la r�p�tition coup�e par "Moins
fort, le son !" ou "Plus pr�s du
miroir !" ou " Non�" et on
recommence.
Dans l�abrupt de tout cela, l��motion d�j�
�merge.
25 janvier :
d�finitivement, le d�cor est pos� au centre du
plateau, assum� comme tel, superbe "d�cor de
th��tre", sans faux semblant et sans triche, la
vid�o a �t� abandonn�e, les �clairages se
raffinent, le jeu de m�me, les com�diens-complices se
concertent � mi-voix avant une sc�ne, rev�rifient une
r�plique, les atmosph�res changent, r�alistes ou
surr�alistes, �tranges ou crues : froideur
carr�e d�un quotidien d�senchant�, suivie d�un
�clairage blafard de film d��pouvante, affrontements
minables, suivis d�affrontements presque dr�les�
27 janvier : �a y est !
avant-premi�re, le spectacle existe, je l�ai
vu !
Deux hommes, chaque fois diff�rents et chaque
fois les m�mes, se rencontrent, tentent de se
rencontrer, dans des situations diff�rentes.
Ces deux-l� : gardiens de prison,
fonctionnaires de la peine de mort, que viennent-ils
laver dans ce lavoir ?
Ce prisonnier au parloir - on ne saura pas pourquoi
il est condamn� � face � l�autre : cynique ou
inconscient, trop gentil.
Ces deux fr�res oppos�s dans la subtilit�
�mouvante de leurs souvenirs diff�rents du
p�re : quel jeu jouent-ils ?
Et cette "autre" histoire� �
d�couvrir " de visu" et "in
live" dans son �tranget� et son �motion�
Pas envie de vous raconter tout, mais l�envie, r�elle
et forte, de vous donner envie de venir.
Un spectacle � �couter et regarder comme un po�me
/ policier plein de doutes et de
questionnements : sur la vie, la fraternit�, la
naissance, l�autre, la peine de mort, les grandes
causes humanitaires�
C�est quoi : "�tre",
"faire", "agir". Comment peut-on
dialoguer vraiment, aller vraiment vers l�autre�
Et voil� que la fin �clate, rupture et
r�conciliation, cri et tendresse, d�sespoir et
lumi�re qui tranche l�espace. Spectacle qui
d�ploie l�imaginaire individuel, spectacle plein d�ouvertures,
� savourer comme un fruit venu d�ailleurs plein de
granul�s surprenants.